Du 30 juin au 5 juillet 2026, ANI International a participé à la formation internationale « Youth Participation, Civic Engagement and Community Action », organisée à Palić, en Serbie, dans le cadre du projet TUNE – Transnational United Network in Europe.
Le réseau TUNE rassemble 21 organisations de jeunesse issues de 18 pays européens, coordonnées par l’association grecque United Societies of Balkans (USB). Son objectif est de renforcer la participation des jeunes à la vie démocratique, en particulier celle des publics les plus éloignés des espaces de décision : jeunes vivant en milieu rural, minorités, jeunes NEET, jeunes en situation de handicap ou encore jeunes confrontés à des discriminations.
Une formation autour de la démocratie et de la participation des jeunes
Pendant cette semaine, une quarantaine de participant·es venu·es de toute l’Europe (Irlande, Royaume Uni, Portugal, Italie, France, Pologne, Slovaquie, Serbie, Macédoine du Nord, Albanie, Turquie, Grèce, Roumanie, Bosnie, Bulgarie…) ont pris part à différents ateliers centrés sur la participation citoyenne, la démocratie et l’engagement des jeunes.
Les méthodes pédagogiques reposaient sur l’éducation non formelle : débats, simulations, travaux de groupe, jeux de rôle et exercices de réflexion collective. Nous avons notamment travaillé sur :
- les différentes formes de participation des jeunes ;
- les mécanismes de représentation dans les organisations et les mouvements politiques ;
- les obstacles à l’engagement citoyen ;
- la manière de construire des espaces de décision réellement inclusifs.
Ces échanges nous ont permis de confronter nos points de vue et de co-construire, avec nos propres mots, une définition de la démocratie et de la participation. L’un des concepts marquants abordés au cours de la formation a été celui de tokénisme : le fait d’intégrer des personnes issues de minorités principalement pour donner une image de diversité, sans leur accorder de véritable rôle, de responsabilité ou de pouvoir de décision.
Une notion particulièrement utile pour analyser de manière critique les dispositifs de participation et les politiques d’inclusion.
Une « Mission Impossible » au cœur de Palić
Parmi les activités les plus originales, les participant·es ont pris part à une activité immersive sous forme de « Mission Impossible », composée de plusieurs défis à réaliser dans la ville de Palić et ses environs.
Cette mission avait pour objectif de nous faire découvrir les réalités locales à travers des rencontres avec les habitant·es. Nous avons ainsi échangé avec plusieurs personnes sur :
- leur perception de la ville ;
- leur qualité de vie ;
- les enjeux environnementaux et défis du territoire ;
- et plus particulièrement la question de la salubrité du lac de Palić, élément emblématique de la région.
Cette immersion sur le terrain a permis de relier les discussions théoriques sur la citoyenneté et la participation à des préoccupations concrètes vécues par les habitants.
Une communauté d’apprentissage horizontale
Au-delà des ateliers, la formation a été marquée par une ambiance particulièrement conviviale. De nombreux energizers rythmaient les journées et contribuaient à créer une dynamique de groupe positive, favorisant la participation de chacun·e et la cohésion entre les participant·es.
Un aspect particulièrement apprécié a été la liberté laissée aux participant·es pour proposer eux-mêmes des ateliers, des événements ou des sorties pendant le temps libre. Cette autonomie nous a permis de prendre des initiatives et d’influencer directement la programmation du training, renforçant le sentiment d’être pleinement acteur·rices de la vie du groupe.
Enfin, il n’existait pas de hiérarchie marquée entre participant·es, organisateur·rices et facilitateur·rices. Le climat reposait avant tout sur le respect mutuel et l’écoute.
Des codes communs pour favoriser l’inclusion
Ce respect se traduisait également par l’utilisation de quelques codes collectifs devenus rapidement familiers. En effet, dès le début de la formation nous avons dû réfléchir à des règles de groupe pour travailler ensemble dans les meilleures conditions. Plusieurs propositions originales ont alors été données. Par exemple, l’expression « Marco – Polo » était utilisée pour demander le calme au groupe. De la même manière, lorsque certaines personnes échangeaient dans leur langue maternelle et que cela empêchait involontairement les autres de suivre la conversation, il suffisait de dire « Bora Bora » pour inviter le groupe à poursuivre en anglais afin que chacun·e puisse participer aux échanges. Pour les personnes ayant un niveau d’anglais débutant, il était également possible de s’exprimer dans sa langue natale durant les échanges et activités et de demander à un·e camarade d’effectuer la traduction.
Ces petits rituels ont contribué à créer un environnement bienveillant et inclusif, où chaque participant·e pouvait trouver sa place et se sentir légitime pour prendre la parole.
Ce que nous retenons
Cette expérience a été particulièrement enrichissante pour ANI International. Elle nous a permis de :
- découvrir de nouvelles méthodes d’animation participative ;
- approfondir notre réflexion sur la démocratie et la participation des jeunes ;
- échanger des pratiques avec des organisations de toute l’Europe ;
- et renforcer notre engagement pour une participation réelle, inclusive et non symbolique des jeunes dans les projets et les espaces de décision.
Nous remercions chaleureusement les équipes de Development Center for Youth (DC Youth), organisation hôte en Serbie, ainsi que United Societies of Balkans, coordinateur du réseau TUNE, pour leur accueil et la qualité de cette semaine de formation.
Chez ANI International, nous continuerons à faire vivre ces apprentissages dans nos actions d’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI) et dans nos projets de lutte contre les discriminations, afin de permettre aux jeunes de devenir de véritables acteur·rices de la transformation sociale et démocratique.
